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Hémorroïdes

Publié le , 4 min de lecture
Illustration - Nabla
Mariama Bah
Médecin urgentiste

Le mot souvent inquiète, parfois fait sourire, mais toujours nous intrigue. Pourtant, les hémorroïdes externes (sous la peau de la marge anale) mais aussi internes, assurent le fonctionnement normal de l’anus et du rectum. Ce sont des petits vaisseaux sanguins qui s’apparentent à des veines et qui constituent notre anatomie à tous ! Nous avons donc tous des hémorroïdes ! En position physiologique les hémorroïdes participent ainsi à la continence anale fine (discrimination selles/gaz, solides/liquides) et participent à 20% du tonus de repos du canal anal. C’est plutôt la crise hémorroïdaire qui cristallisera notre attention, car elle constitue une pathologie très répandue dans la population avec des désagréments plus ou moins importants, bien que presque toujours bénins. Les problèmes d’hémorroïdes sont généralement intimes, et souvent tabous, ce qui amène seulement 20 % des personnes concernées à consulter. Le diagnostic sera affirmé après avoir éliminé toute autre pathologie régionale et le traitement médical sera appliqué par voie locale ou générale. Pour mieux comprendre ces incommodités peu visibles, les reconnaître, les prévenir et parfois les soigner, il est nécessaire d’en envisager les différentes manifestations par étapes.

A quoi reconnait-t-on un problème d’hémorroïdes ?

Manifestations et causes

La défécation se caractérise normalement par un léger gonflement des veines recto-anales. Si ces veines persistent à rester dilatées, elles peuvent entraîner alors une crise hémorroïdaire. Ces crises sont le résultat de plusieurs facteurs mais on retrouve très souvent une notion de “surpression” qui va provoquer une congestion des veines et donc une gêne, parfois accompagnée de démangeaisons ou de saignements. Dans certains cas, ces veines peuvent même former une petite “boule” externe au niveau de l’anus. Cette “boule” peut également se thromboser : un caillot sanguin se forme à l’intérieur et crée une douleur intense.

Les causes sont variables et nombreuses mais bien identifiées:

  • Elles peuvent se rapporter à une sédentarité ou à des positions (assise) prolongées, mais aussi à certaines activités physiques trop intenses ou répétées (cyclisme, équitation,...), à une pratique régulière de la sodomie.
  • Elles concernent également les troubles du transit comme la constipation, qui impose des poussées répétées ainsi que la grossesse au 3ème trimestre surtout et l’accouchement.
  • De même, il existerait une prédisposition génétique mais les études sont controversées.
  • Enfin, une alimentation trop grasse, une consommation de substances irritantes comme l’alcool, les épices, peuvent aussi être des facteurs aggravants.

Les symptômes d’un dysfonctionnement

Les symptômes sont en général assez évidents mais nécessitent une consultation médicale pour confirmer le diagnostic lors d’une première crise.

Ils se rapportent à des démangeaisons, des douleurs ou des petits saignements lors de la défécation mais également des douleurs plus brutales et intenses liées à une thrombose.

Classiquement, il n’y a pas de fièvre. La présence de fièvre doit faire évoquer plutôt un abcès de la marge anale, ce qui implique la nécessité d’une consultation rapide.

Il existe également des fissures anales qui peuvent être responsables de douleurs importantes. Il est donc indispensable de consulter votre médecin pour qu’il puisse examiner la zone douloureuse ! Il pourra ainsi vous orienter.

Il est parfois difficile de faire la part des choses. Ainsi, la présence d’un saignement à l’occasion d’une défécation peut constituer un signe d’alarme nécessitant une coloscopie. Cette attitude pragmatique doit être nuancée notamment par votre âge, l’ancienneté de vos symptômes et vos antécédents familiaux. Cela permettra d’écarter toute suspicion de polype ou cancer.

Comment réagir ?

La prévention

La meilleure mesure préventive est de parvenir à réguler son transit intestinal. Cette action se matérialisera par une attention particulière à son alimentation (pauvre en gras et riche en fibres), une bonne hydratation, ainsi qu’une activité physique régulière. Cette bonne hygiène de vie évitera des problèmes de prise de poids, de constipation, et limitera ainsi les problèmes d’hémorroïdes.

Les traitements

Même si elles peuvent parfois causer des crises douloureuses intenses, la pathologie hémorroïdaires est considérée comme une maladie bénigne dont les symptômes sont facilement soignables grâce à plusieurs médicaments. Certains sont en vente libre, mais prenez les conseils de votre pharmacien et de votre médecin avant de les prendre. Ces traitements curatifs simples et de courte durée qui soulagent rapidement et limitent l’inflammation, peuvent correspondre à des suppositoires ou des pommades parfois à base de corticoïdes, d’anti-inflammatoires et d’anesthésiants locaux ou de plantes et sont sans effets secondaires.

Des traitements oraux existent également comme la prise de veinotoniques. Pour lutter contre la douleur en cas de thrombose hémorroïdaire, des anti-inflammatoires non stéroïdiens (en dehors de toute contre-indication) ou des antalgiques adaptés au niveau de votre douleur pourront vous soulager. mais seront à éviter pour les femmes enceintes. L’aspirine est déconseillée car elle augmente les saignements.

En cas de grossesse ou d’allaitement , prenez un avis médical avant de prendre tout médicament.

Enfin, dans les rares cas graves de complications invalidantes, des traitements plus lourds peuvent être envisagés par un spécialiste : intervention chirurgicale sous anesthésie pour ligature, drainage d’un abcès. Cette prise en charge, plus lourde, se fera dans un service de proctologie.

*Plusieurs écrits et indices historiques peuvent laisser à penser que l’empereur Napoléon lui-même souffrait d’une crise hémorroïdaire lors de sa défaite de Waterloo !... Il s’agit donc bien d’une maladie qui peut atteindre tout le monde (hommes ou femmes). Les facteurs de la crise hémorroïdaire sont aussi bien vasculaires que mécaniques mais se traitent facilement en automédication quand le diagnostic est certain et que votre médecin a éliminé toutes les contre-indications à l’utilisation des médicaments efficaces. A ce titre, devoir traiter un problème bénin d’hémorroïdes reste une question de confort et il est souvent utile de compléter ce traitement par une amélioration de son alimentation et son transit. Retenez que dans tous les cas, il est nécessaire de consulter son médecin afin de poser un diagnostic de certitude, et d’éliminer une maladie plus grave comme le cancer du côlon, surtout si vous avez des saignements.*

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