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Mononucléose

Publié le August 03, 2020, 6 min de lecture
Illustration - Nabla
Anne-Laure Rousseau
Médecin cardio-vasculaire
Illustration - Nabla
Mariama Bah
Médecin urgentiste
Illustration - Nabla
Jean-Pierre Leroy
Médecin généraliste
Illustration - Nabla
Laëtitia Willerval
Diététicienne-nutritionniste

C’est la fameuse “maladie du baiser” : la mononucléose infectieuse (souvent appelée mononucléose, voire “mono”) est une maladie provoquée par un virus appelé EBV (ou virus d’Epstein-Barr), très connue pour l’état de forte fatigue qu’elle provoque. Elle doit son surnom à son mode de transmission : on attrape en effet surtout la mononucléose via un échange de salive, ce qui peut être le cas en embrassant quelqu’un, mais aussi chez des enfants qui portent leurs jouets à la bouche, dans une même famille via des échanges de couverts ou de verres, par un contact dû à un éternuement ou une quinte de toux… Nos médecin et urgentiste Anne-Laure Rousseau et Mariama Bah vous expliquent tout ce qu’il faut savoir à ce sujet.

Qu’est-ce que la mononucléose ?

La mononucléose va se loger principalement au niveau de la gorge et du foie. C’est une maladie aux symptômes parfois handicapants, mais sans gravité. Son nom est dû à la réaction que la maladie provoque dans le corps : en effet, la mononucléose entraîne une multiplication de certains globules blancs, qui sont nos cellules de défense, les lymphocytes à un seul noyau.

Pour briller en société, c’est de là que vient le nom de la mononucléose : à partir des mots grecs “mono”, seul, et “nucléos”, noyau.

Quels sont les symptômes de la mononucléose ?

La période d’incubation de la mononucléose assez longue, puisqu’il s’écoule en général entre 4 et 8 semaines entre le moment où le virus entre dans le corps et l’apparition des premiers symptômes. Parmi ceux-ci, on trouve notamment :

  • Une angine, par laquelle la maladie se déclare souvent
  • Un état d’affaiblissement généralisé, une forte fatigue inexpliquée, une impression de “fonctionner au ralenti”
  • De la fièvre (autour de 38°C)
  • Des ganglions enflés (surtout au niveau du cou)
  • L’apparition de taches rouges sur le corps après la prise de certains antibiotiques. Il est possible que vous preniez ces tâches pour une réaction allergique au médicament, mais c’est bien la preuve que vous êtes atteint de mononucléose.

Bon à savoir : l’antibiotique qui provoque cette réaction est justement souvent prescrit par le médecin à des patients souffrant d’une mononucléose pas encore détectée, qu’il prend pour une infection bactérienne. Il est en effet souvent difficile de faire la différence entre une infection bactérienne ou virale lors d’une première consultation ! Rien de grave cependant : si vous faites cette réaction après avoir pris un antibiotique prescrit par votre médecin, montrez-lui vos tâches à la consultation suivante, et il pourra ainsi poser une fois pour toutes le diagnostic de mononucléose.


A noter
: la moitié des personnes atteintes de mononucléose seront asymptomatiques, c’est-à-dire qu’elles ne manifestent pas ou peu de symptômes. Les enfants auront rarement des symptômes, ou alors très peu, tandis que les adultes présenteront souvent des formes plus marquées de la maladie.

Comment diagnostique-t-on la mononucléose ?

Pour vous diagnostiquer une mononucléose, il existe différents tests sérologiques, c’est-à-dire des tests qui servent à trouver les preuves de la présence du virus dans votre sang. Un premier test, efficace dès la première semaine après la transmission du virus (bien avant l’apparition des premiers symptômes) peut par exemple être réalisé très rapidement. Cependant, ce test présente aussi un taux important de faux positifs (c’est-à-dire de tests indiquant à tort la présence du virus), et on le complète donc souvent plus tard par des tests plus poussés qui cherchent la présence d’anticorps n’apparaissant qu’après plusieurs semaines.

Le test le plus connu permet de repérer la maladie via la présence de cellules bleues (les fameux lymphocytes à un seul noyau mentionnés plus haut) : si on constate effectivement ce genre de cellules sur vos tests, soyez rassuré, cela signifie que vous avez bel et bien une mononucléose, c’est-à-dire rien de grave !

La majorité des adultes a déjà attrapé la mononucléose : on estime ainsi que 90% de la population adulte a déjà été en contact avec le virus EBV, le plus souvent entre 10 et 20 ans.

Comment et au bout de combien de temps guérit-on de la mononucléose ?


Le mot d’ordre : du repos… et de la patience ! Il n’existe en effet pas de traitement spécifique pour soigner la mononucléose. En effet, la mononucléose est un virus, contre lequel les antibiotiques sont donc inefficaces (puisque les antibiotiques luttent contre les bactéries, pas les virus !) et on ne vous prescrira pas d’anti-viraux (sauf si vous êtes une personne très fragile, par exemple si vous souffrez d’immunodépression). D’ailleurs, si vous souffrez de mononucléose, votre médecin évitera probablement de vous prescrire n’importe quel médicament, à part éventuellement de quoi soulager votre fièvre.

La maladie guérit dans la majorité des cas d’elle-même, mais il faut prendre son mal en patience, car la fatigue persiste souvent entre un et trois mois après l’infection.

Y a-t-il des comportements à éviter absolument ?

Éviter les sports de combat

Il y a en effet une consigne extrêmement importante à respecter si vous souffrez de mononucléose : ne pratiquez en aucun cas de sports de combat, et évitez les activités impliquant des contacts violents. La raison ? Vous devez faire attention à protéger votre rate, un organe situé au niveau de votre ventre, sous vos côtes, du côté gauche, qui joue un rôle particulier en cas de mononucléose.

En effet, c’est elle qui produit les fameux lymphocytes bleus : si vous êtes infecté.e par la mononucléose, elle va donc en fabriquer pour combattre le virus. La rate va alors gonfler et se trouve donc fragilisée. Elle pourrait être rompue en cas de choc, ce qui représenterait une urgence médicale absolue… d’où la nécessité d’éviter des pratiques violentes comme les sports de combat !

Cela dit, si vous êtes malade, n’ayez pas peur : tant que vous évitez les situations potentiellement violentes, tout ira bien. Aucune des activités “typiques” du quotidien ne mettra votre rate en danger !

Manger équilibré

Important également : veillez à manger de façon équilibrée, sans trop d’excès (pour ne pas trop solliciter votre corps déjà fatigué), et en privilégiant les aliments les plus simples et les moins transformés possible.

Une assiette équilibrée contient des légumes (crus ou cuits) de saison, une portion de céréales ou de féculents (riz, pâtes, pain, maïs, sarrasin, pommes de terres, patate douces …) et une portion de protéines (viande, poisson, oeufs, légumineuses, tofu ou dérivés).

Limitez les produits transformé et les graisses cuites en privilégiant les huiles vierges d’olives, de colza ou de lin pour les assaisonnements.

Y a-t-il des complications possibles ?

La mononucléose peut présenter des complications, mais celles-ci restent très rares. Le patient peut notamment présenter :

  • Une anémie auto-immune, c’est-à-dire due à une réaction du corps “contre lui-même”, qui va alors détruire ses propres globules rouges.
  • Un syndrome de Guillain-Barré, une réaction très rare du corps qui attaque lui-même le cerveau et les nerfs, ce qui peut mener à une méningite, des picotements et des difficultés à bouger les membres.
  • Des problèmes de foie (hépatite), dont l’un des effets est de rendre jaunes la peau et le blanc des yeux.
  • La possible rupture de la rate déjà évoquée plus haut.

Pas d’inquiétude cependant, ces complications restent très peu fréquentes !

Comment éviter d’attraper la mononucléose ?

Si vous êtes contaminé.e ou êtes en contact avec une personne contaminée, veillez à :

  • Eviter tout contact physique (embrassade, baiser…)
  • Ne pas partager vos ustensiles, brosses à dents, verres, serviettes de bain…
  • Aérer votre logement
  • Vous laver les mains très régulièrement, notamment avant et après vous être mouché.e, avant les repas, avant de faire la vaisselle...
  • Toussez bien dans votre coude

Si on vous diagnostique une mononucléose, pas d’inquiétude donc. Votre rétablissement risque certes d’être long, mais votre état ne devrait pas poser de problème particulier si vous évitez bien les situations à risque. Votre fièvre, votre angine et votre fatigue ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir !

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