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Orgasme féminin

Publié le , 6 min de lecture
Illustration - Nabla
Anne-Laure Rousseau
Médecin cardio-vasculaire
Illustration - Nabla
Karima Amazzough
Médecin généraliste

Plus les années passent et plus les femmes manifestent avoir des orgasmes souvent et de qualité.* L’orgasme serait une potentialité qu’une femme apprend à développer avec l’expérience, le temps et l’apprentissage. Sans oublier qu’une relation sexuelle gratifiante sans orgasme n’est pas une relation sexuelle ratée ! Nabla vous explique la notion d’orgasme et répond à vos questionnements.

\Etude Natural Cycles sur 2600 femmes dans le monde*

Qu’est-ce qu’un orgasme ?

L’orgasme féminin est une décharge sensorielle du clitoris associée à des contractions utérines et à des contractions du périnée (ensemble de muscles en losange situé à la partie inférieure du pelvis). Le clitoris ne se réduit pas seulement au petit bout (gland) qui dépasse en haut de la vulve et représente seulement un dixième du clitoris. La majeure partie de cet organe est cachée et entoure le vagin. On peut atteindre l’orgasme par une stimulation externe et interne du clitoris.

L’orgasme est associé à une expérience émotionnelle et affective. Le cerveau joue un rôle et permet ou pas la diffusion de l’excitation jusqu’à l’orgasme

La qualité et l’intensité de l’orgasme sont dépendants de l’émotion amoureuse.

L’orgasme féminin dure généralement quelques secondes mais peut aussi aller jusqu'à deux minutes. De nombreuses femmes peuvent également avoir plusieurs orgasmes à la suite pendant le même rapport sexuel, ce qui n’est pas le cas des hommes.

Quelles sont les phases d’un orgasme ?

Il y a 5 phases du cycle sexuel. Parmi elles, l’orgasme.

  1. Le préalable, le désir : idées, fantaisies érotiques, souhait d’avoir des rapports sexuels. C’est le cerveau qui commande cette phase.
  2. La phase d’excitation : vasocongestion des lèvres (augmentation du flux de sang dans certains tissus corporels provoquant leur gonflement) responsable de la lubrification et de l’érection clitoridienne.
  3. Un plateau : vasocongestion avec diminution du diamètre du vagin, augmentation de pression intra-vaginale et allongement.
  4. Un orgasme (pas systématique) : avec possibilité d’en avoir plusieurs pendant le même rapport pour les femmes si la stimulation sexuelle ne s’interrompt pas, à la différence des hommes
  5. La phase de résolution : qui pour les femmes est beaucoup plus lente que pour l’homme. Le retour à la normale de la zone génitale est progressif (disparition de la lubrification, du gonflement des lèvres…).

Pourquoi peut-on ne pas ressentir d’orgasme ?

Des facteurs psycho-affectifs sont le plus souvent responsables d’une difficulté à atteindre l’orgasme ou d’une baisse de la libido. Ces troubles ont tendance à se corriger avec le temps et l’apprentissage de la sexualité. Si ces difficultés persistent, le soutien d’un psychologue et d’un sexologue vous permettront de les surmonter.

  • La peur de s’attacher : la crainte de la perte de son indépendance
  • La peur de s’abandonner : la crainte d’une domination par l’autre
  • Le sentiment de culpabilité, l’hyper contrôle de soi, de son environnement : parfois en lien avec des tabous religieux, sociétaux, des fausses croyances.
  • Une information insuffisante sur la sexualité et des faux repères culpabilisants donnés parfois par les médias, la société tels que : “l’orgasme est un passage obligatoire lors de la relation sexuelle mesurant la réussite de la femme moderne.”
  • La dysfonction d’anticipation : le perfectionnisme centré sur la performance conduit à une attente anxieuse de l’orgasme qui n’arrive pas. Un lâcher prise suffisant permet au contraire d’y parvenir.
  • Une image de soi perturbée
  • Un trouble de l’humeur : la dépression, un trouble anxieux

D’autres causes peuvent donner suite à des troubles de l’orgasme :

  • Les dyspareunies : il s’agit de douleurs ressenties lors de l’acte sexuel, elles peuvent entraîner une diminution du plaisir ou son absence. Elles peuvent avoir plusieurs causes :

    • Une mycose : les symptômes sont des problèmes d'irritation, des œdèmes vulvaires, des fissures, des pertes très épaisses et des rougeurs. Un traitement prescrit par votre médecin les guérit.
    • Un kyste ovarien : il concerne moins de 10% des femmes et est bénin dans la plupart des cas.
    • Une sécheresse vaginale : les lubrifiants sont une solution pour éviter les douleurs.
    • Un accouchement récent : il est recommandé d’attendre la cicatrisation et la remise en forme ! Cependant, si les douleurs persistent plusieurs mois après l’accouchement, n’hésitez pas à aller consulter afin de reprendre votre activité sexuelle.
    • Un blocage psychologique
    • Toute lésion des organes et toute maladie des organes : les maladies inflammatoires, les maladies infectieuses (maladies sexuellement transmissibles), les cancers, un trouble endocrinien... peuvent être à l’origine d’une difficulté à atteindre l’orgasme
    • L’incidence des abus sexuels
    • Les médicaments et les toxiques : certains traitements, et drogues

Comment favoriser la survenue d’orgasmes ?

Une connaissance de soi même contribue à un meilleur épanouissement sexuel, voici les facteurs de la survenue d’orgasmes :

  • Le temps, l’expérience et l’apprentissage
  • Un bon rapport avec son corps et soi-même : Il existe une corrélation entre une bonne image de soi et de son corps et sa capacité à s’abandonner, à avoir du plaisir avec son partenaire et à atteindre l’orgasme. Il convient de se familiariser avec son corps, de rechercher activement son plaisir et d’apprendre à (re)trouver ses sensations.
  • Muscler son périnée : apprendre à le contracter, décontracter permet à une majorité de femmes d'accroître leurs sensations à l’approche de l’orgasme
  • L’importance des pensées positives : pas d’orgasme si vous n’avez pas une certaine disponibilité. Laissez tomber la déclaration d’impôts, pour booster votre inventivité et votre créativité !
  • Rôle des événements extérieurs : sachez reconnaître et prendre en compte des situations qui peuvent rendre compliqué l’accès au plaisir : surmenages, fatigues, anxiété, dépression, deuil, rupture etc…
  • Apprendre à s’abandonner : se libérer de ses peurs, prendre de la distance par rapport aux interdits religieux et aux tabous, travailler sur une éventuelle carence affective
  • Les sex toys : ils ont l’avantage de favoriser la survenue d’un premier orgasme, mais l’inconvénient aussi d’habituer à des niveaux trop élevés de stimulation, bien éloignés de ce qui est perçu lors d’une relation sexuelle.

Et pendant le rapport :

  • Communiquez : dites ce que vous voulez, ce dont vous avez envie.
  • Apprenez à bouger en rythme avec votre partenaire.
  • Utilisez tous vos sens :

    • La vue : mettez-vous en valeur, exposez-vous
    • L’odorat : et les phéromones
    • L’ouïe : Le son de la voix de votre partenaire
    • Le goût
    • · Le toucher et les caresses
  • Variez les positions : trouvez les positions qui vous donnent le plus de sensation et d’excitation, qui vous permettent de vous caresser ou d’être caressée. Variez-les pour découvrir les nombreuses zones érogènes du vagin. Pour atteindre l’orgasme, la stimulation du clitoris est indispensable pour la majorité des femmes.
  • La qualité de l’orgasme dépend moins des pratiques sexuelles que de la qualité de la relation à deux. Il existe une corrélation positive entre la fréquence des orgasmes et les 5 paramètres relationnels suivants : intimité, sentiment amoureux, passion, confiance et qualité de la relation à deux
  • Les sentiments que vous éprouvez pour l’autre : pour 2 femmes sur 3, des sentiments forts pour le partenaire permettent d’intensifier le plaisir jusqu’à l’orgasme. A l’inverse, la présence de sentiments négatifs peut bloquer la femme.

Conclusion

80% des personnes n’osent pas consulter un professionnel de santé en cas de difficulté à atteindre l’orgasme, elles le font après plusieurs années alors que les troubles ont déjà eu un retentissement sur leur vie, l’estime qu’elles ont d’eux-mêmes. Si vous avez un souci que vous n’arrivez pas à résoudre, n’hésitez pas à consulter votre gynécologue, un sexologue, ou un psychologue.

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