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Vaccination

Publié le October 19, 2020, 7 min de lecture
Illustration - Nabla
Amélie Danaradjou
Infirmière
Illustration - Nabla
Jean-Pierre Leroy
Médecin généraliste

Se faire vacciner ou non ? Telle est la question. Depuis 2018, ce sont désormais onze vaccins qui sont devenus obligatoires pour tous. Mais pourquoi ? Est-ce qu’il est vraiment nécessaire de suivre le calendrier des vaccinations à la lettre ? Et pourquoi entend-on des critiques aussi virulentes contre les vaccins ? Notre médecin généraliste Jean-Pierre Leroy et notre infirmière Amélie Danaradjou vous expliquent tout ce qu’il faut savoir sur la vaccination.

L’histoire des vaccins

  • Antiquité : La première compréhension du principe d’immunité remonte à l’Egypte et à la Grèce antique. Pour la première fois de l’histoire de la médecine, l’homme comprend qu’en étant exposé à certaines maladies, il pourrait être immunisé à l’avenir.
  • XVIIIème siècle : La variole (ou petite vérole) est une maladie mortelle qui fait rage partout dans le monde. Un jour, un médecin britannique, Jenner, découvre qu’une jeune fermière qui a été en contact avec le pus de vaches infectées par une maladie cousine de la variole, la “vaccine” est immunisée contre la variole. Fort heureusement, alors que la variole est très dangereuse, la “vaccine” est tout à fait inoffensive. Jenner va ainsi mettre au point la toute première forme de vaccin au monde en utilisant le pus de vaches malades pour immuniser les patients.
  • XIXème siècle : On ne pourrait parler de vaccination sans évoquer Pasteur, le grand inventeur du vaccin contre la rage. Pour ceux qui aiment les anecdotes croustillantes, Pasteur a conçu le vaccin à partir de cerveaux d’animaux morts. Il est le premier à énoncer le principe de la vaccination : injecter « des virus affaiblis ayant le caractère de ne jamais tuer, de donner une maladie bénigne qui préserve de la maladie mortelle ».
  • 1920 - 1930 : Le savoir à propos des vaccins s’enrichit et se développe de plus en plus - notamment avec l’invention des vaccins contre le tétanos, la tuberculose ou encore la fièvre jaune.
  • 1950 - 1960 : Grande invention des vaccins combinés qui permettent d’immuniser un patient contre plusieurs maladies en même temps.
  • Aujourd’hui : La recherche en matière de vaccins est de plus en plus performante. Grâce à ce qu’on appelle le “génie génétique”, on peut désormais mettre au point des vaccins à partir de morceaux d’ADN, ce qui étend encore plus le champ des possibles.

Les vaccins, ça marche comment ?

Tout le principe du vaccin repose sur une réaction très simple du corps humain : pour faire face à la maladie, le système immunitaire développe des anticorps pour éliminer les microbes. La vaccination est une technique révolutionnaire qui entraîne le corps à créer ces mêmes anticorps en injectant des microbes inoffensifs dans le corps.

Voyez-le comme une forme d’entraînement commando du système immunitaire. Par conséquent, si un jour, des vrais microbes débarquent, le corps saura déjà comment réagir et ne succombera pas à la maladie !

Deux familles de vaccins

Il existe deux familles de vaccins : les vaccins vivants et les vaccins inactivés.

  • Les vaccins dits “vivants affaiblis” contiennent une bactérie ou un virus vivant, que l’on a “affaibli” pour qu’il ne s’attaque pas à l’organisme comme il le ferait en temps normal. On peut ressentir quelques effets secondaires légers comme des maux de tête voire une petite fièvre, mais ces symptômes sont passagers et absolument normaux. En effet, les virus ou bactéries sont si faibles que le corps peut les combattre sans difficulté. C’est le cas notamment des vaccins contre la rubéole, les oreillons,la fièvre jaune et la typhoïde.
  • Les vaccins inactivés contiennent des bactéries, virus ou toxines rendus totalement inoffensifs. C’est le cas des vaccins contre la grippe, les hépatites A et B, la polio, le tétanos ou encore la coqueluche…

Qu’est-ce que le calendrier vaccinal et comment fonctionne-t-il ?

Le calendrier vaccinal est une sorte de “programme” qui prévoit tous les vaccins que l’on doit recevoir tout au long de notre vie.

Même si certains vaccins doivent être refaits régulièrement, la plupart concernent les enfants de 2 à 18 mois.

Pourquoi doit-on se faire vacciner pour des maladies qui ne circulent plus ?

L’avènement des vaccins a permis en France (tout comme dans les autres pays développés) ce que nul n’aurait pu imaginer il y a cent ou deux cent ans seulement : la quasi disparition de dizaines de maladies autrefois mortelles. En effet, lorsqu’un nombre suffisant de personnes sont vaccinées et donc protégées, la maladie n’a tout simplement plus assez de corps à contaminer pour survivre et elle finit par s’éteindre d’elle-même. Parmi la longue liste des microbes “disparus” du monde occidental, on peut citer la variole, mais aussi le tétanos ou la fièvre jaune. Il est cependant important de continuer de vacciner les nouveaux-nés, pour la simple et bonne raison que si l’on ne vaccinait plus les enfants, ils deviendraient à nouveau une population vulnérable au cas où ces maladies viendraient à réapparaître. On observe d’ailleurs une résurgence de certaines maladies ayant “disparues”, dans des pays où la politique de vaccination n’est pas très bien suivie !

Est-il “impossible” d’attraper une maladie pour laquelle on a été vacciné ?

Comme toujours en médecine, rien n’est jamais efficace à 100%. On peut attraper une maladie pour laquelle on a été vacciné, mais cela n’arrive que dans certaines situations bien précises :

  • Lorsque l’on n’a pas fait de “rappel” (une nouvelle injection pour réactiver la fabrication d’anticorps) pour les vaccins qui ne donnent qu’une immunité “temporaire”, comme celui contre la rougeole.
  • Lorsque le virus évolue trop vite pour que le vaccin reste efficace, comme dans le cas de la grippe, un virus très complexe dont les mutations sont beaucoup trop nombreuses pour que l’on puisse garder le même vaccin d’une année sur l’autre.
  • Dans des situations très précises, par exemple si vous souffrez d’une maladie ou d’une condition qui fragilise votre système immunitaire, votre corps n’aura peut-être pas la capacité de fabriquer des anticorps, auquel cas recevoir un vaccin pourrait être contre-indiqué. Si vous ou votre enfant êtes concerné.e, votre médecin traitant abordera la question avec vous.

Pourquoi certains vaccins sont-ils obligatoires et pas d’autres ?

Les vaccins obligatoires

Depuis 2018, les vaccins obligatoires pour chaque nouveau-né sont au nombre de 11 :

  1. Diphtérie, tétanos et poliomyélite (DTP)
  2. Coqueluche
  3. Infections invasives à Haemophilus influenzae de type b
  4. Hépatite B
  5. Infections invasives à pneumocoque
  6. Méningocoque de sérogroupe C
  7. Rougeole, oreillons et rubéole.

Ces vaccins sont obligatoires pour des raisons historiques et sanitaires. En effet, à l’époque où ils ont été mis au point, les maladies contre lesquelles ils offrent une protection faisaient encore des ravages en France. On les a donc rendus obligatoires pour s’assurer que suffisamment de personnes continuent d’être immunisées, et participent ainsi à la protection de groupe. Se faire vacciner, c’est donc aussi un geste solidaire, qui permet de garantir la protection des personnes qui ne peuvent pas recevoir de vaccins.

Si votre enfant ne reçoit pas ces vaccins, il ne pourra par exemple pas être admis à la crèche ou à l’école.

Les vaccins recommandés

En revanche, certains vaccins ne sont pas obligatoires, mais “recommandés”, puisqu’ils ont été mis au point plus récemment, dans un contexte où les maladies contre lesquelles ils offrent une protection n’étaient plus une menace immédiate. Ce n’est donc pas parce qu’ils ne sont pas obligatoires qu’ils sont “facultatifs” : dans l’immense majorité des cas, on n’a aucune raison valable de ne pas les injecter. En effet, les vaccins recommandés sont tout aussi importants et nécessaires que les vaccins obligatoires ; ils sont simplement plus récents. Ils permettent de lutter contre des maladies graves voire mortelles chez les enfants et les adultes, comme la méningite, ou le cancer du col de l’utérus pour les filles. Il n’y a aucune différence en termes d’efficacité, de sécurité et de qualité entre les vaccins recommandés et les vaccins obligatoires, et il reste important de garantir une bonne couverture vaccinale contre ces maladies.

Parmi les vaccins recommandés, on compte le vaccin contre la tuberculose, la varicelle, la grippe, la méningite ou encore le papillomavirus.

Les vaccins avant les voyages à l'étranger

Enfin, on vous imposera parfois certains vaccins avant de partir en vacances à l’étranger, vers des destinations bien précises, notamment en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie. En effet, certaines maladies ne circulent plus du tout en Europe ou en Amérique du Nord, mais sont encore présentes ailleurs dans le monde. Par exemple, il est obligatoire d’avoir été vacciné contre la fièvre jaune pour visiter certains pays d’Amérique du Sud ou d’Afrique subsaharienne. Si vous avez prévu un voyage “exotique” dans les prochains mois, parlez-en donc à votre médecin traitant.

Les vaccins peuvent-ils être dangereux ?

De nombreuses théories du complot circulent au sujet des vaccins (“les vaccins sont dangereux, ce sont des stratégies de manipulation du gouvernement”...). Parmi elles, on peut citer la rumeur selon laquelle la vaccination augmenterait les risques d’autisme, une affirmation fausse véhiculée par une étude qui a depuis été démentie et jugée frauduleuse.

Chaque projet de nouveau vaccin fait l’objet de procédures de contrôle extrêmement sophistiquées, et il est donc impossible qu’un vaccin dangereux pour l’être humain soit mis en circulation. Les effets secondaires de certaines injections peuvent parfois être gênants (maux de tête, etc.), mais ils restent passagers et inoffensifs. Si toutefois vous souffrez d’effets secondaires importants, pas d’inquiétude : ils seront très bien pris en charge par votre médecin (n’hésitez surtout pas à en parler avec votre médecin traitant).

N’hésitez donc pas à suivre régulièrement votre carnet de vaccination et si vous avez la moindre question, parlez-en à votre médecin. N’oubliez pas qu’il est aussi là pour vous rassurer et répondre à toutes vos questions.

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